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Pour la gauche, le citoyen n'est pas l'élément
constitutif de la société, mais selon sa position
sociale, soit une victime, soit un profiteur. Dans les deux
cas, le citoyen lui-même a peu d'importance, seule la
classe à laquelle il appartient est digne d'intérêt.
A partir de cette simplification s'élabore une problématique
dans laquelle il s'agit de défendre "les victimes",
de "redresser les inégalités", de
"rétablir la justice sociale". Dans notre
cas particulier, le fait que chaque citoyen ait déjà
le droit de faire ce qu'il veut sous la couette n'a aucun
intérêt politique pour les socialistes. Il faut
un ensemble de victimes pour désigner ensuite des coupables,
et générer un cahier de revendications capable
de mobiliser les masses.
L'idée de "progrès social" ne peut
ainsi s'exercer qu'au sein d'une certaine misère, en
répartissant la pénurie de ressources, entre
des "privilégiés", et des "opprimés".
Le Pacs est l'un des plus beaux exemples de cette idéologie.
Plutôt que d'ouvrir simplement les droits du mariage
aux homosexuels, ce qui aurait du même coup supprimé
toute notion de "victimes", la création du
Pacs a permis de conserver les inégalités nécessaires
à entretenir les insatisfactions qui sont le moteur
des revendications. Ce n'est pas par hasard si nombre de militants
de HES sont farouchement contre l'égalité républicaine
face au mariage. Faute de victimes, plus de clients. Le moteur
de la gauche étant par définition l'inégalité,
on comprend mieux dès lors pourquoi, en plusieurs années
de règne Jospin, et malgré l'agitation de HES
(association Homosexualité et Socialisme) rien n'ait
été fait.
En rétablissant l'égalité républicaine,
et en rappelant la nécessité de neutralité
de l'état face à la vie privée des citoyens,
l'approche de GayLib est toute différente : pas question
de se poser en victimes. Nous sommes des citoyens comme les
autres, ni plus, ni moins, et réclamons simplement,
mais fermement ce qui nous est dû, sans pour autant
oublier les devoirs de tout français.
Pas question de chercher des coupables, mais plutôt,
d'expliquer paisiblement à nos concitoyens que des
traditions arriérées n'ont plus leur place dans
une société moderne. Les manifestations d'homophobie
ne sont pas plus tolérable que les autres formes de
racisme, d'anticléricalisme ou de misogynie. L'égalité
ne se découpe pas en rondelles, et doit s'exercer de
manière identique pour tous les citoyens. La discrimination,
qu'elle s'exerce sous forme de statuts spéciaux tels
que le Pacs, ou plus pernicieusement par le refus d'accès
au droit commun tel que le mariage, est indigne du pacte républicain.
Le but de GayLib n'est donc pas de nous pleurnicher ou revendiquer,
mais simplement de créer les conditions d'une citoyenneté
apaisée, dans un état moderne. Contrairement
aux filiales de la gauche, notre but n'est pas d'entretenir
une surenchère permanente sur des sujets marginaux,
mais de réfléchir sereinement aux méthodes
et stratégies qui permettront le plus rapidement possible,
et dans la paix républicaine, à ce que les homosexuels
puissent exercer leur citoyenneté à l'égal
des autres français.
On ne doit cependant pas confondre calme et faiblesse. Notre
détermination restera entière, tant que subsisteront
des pratiques et conceptions d'un autre âge, ou d'indécentes
instrumentalisations, de la part de certains partis.
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